Le syndrome de l’intestin irritable

Côlon irritable.

Le syndrome de l’intestin irritable (SII) est aussi nommé syndrome du côlon irritable. En France, on utilise également le terme « colopathie fonctionnelle ». Il s’agit d’un trouble digestif qui se caractérise par des malaises ou des sensations douloureuses au ventre.

Le syndrome de l’intestin irritable est un trouble fréquent : il est la cause de 30 % à 50 % des consultations auprès d’un gastroentérologue et concerne 10 à 20% de la population occidentale.

Evolution

Ce trouble apparaît de façon graduelle chez les adolescents et les jeunes adultes. Dans la plupart des cas, le syndrome de l’intestin irritable est chronique. Cependant, les personnes touchées peuvent connaître des périodes de rémission plus ou moins longues. Leurs malaises peuvent apparaître chaque jour pendant 1 semaine ou 1 mois, puis disparaître, ou encore durer toute leur vie. Seulement une minorité de patients présentent des symptômes très incommodants.

Complications possibles

À la différence des maladies intestinales plus sérieuses, telles que la colite ulcéreuse et la maladie de Crohn, le syndrome de l’intestin irritable ne cause pas d’inflammation, n’altère pas la structure de la muqueuse intestinale et n’augmente pas le risque de souffrir d’un cancer colorectal. C’est pourquoi le syndrome de l’intestin irritable est considéré comme un trouble fonctionnel plutôt que comme une maladie.

Par contre, la douleur, la diarrhée et la constipation qu’il entraîne peuvent devenir très incommodantes.

Le syndrome de l’intestin irritable peut aussi gêner sérieusement les activités professionnelles et sociales de ceux qui en souffrent, appauvrir leur qualité de vie et entraîner de l’anxiété et de la dépression.

Enfin, on a constaté que d’autres troubles ont tendance à être associés à ce syndrome, comme des menstruations douloureuses, le syndrome de fatigue chronique et la fibromyalgie. Pour l’instant, on en ignore la raison.

 

Quand consulter?

Si les malaises sont nouveaux, très incommodants ou inquiétants, il peut être utile de consulter un médecin. En effet, d’autres problèmes de santé peuvent donner des symptômes similaires.

Une consultation médicale s’impose en cas de sang dans les selles, de fièvre, de perte de poids importante ou de diarrhée incontrôlable, surtout si elle survient aussi la nuit.

Causes

Les causes de ce trouble sont encore inconnues et font l’objet de nombreuses recherches. Deux hypothèses de base sont proposées : soit les personnes atteintes souffrent de contractions anormales et douloureuses de l’intestin, soit elles sont plus sensibles que la normale aux mouvements du côlon et du rectum, habituellement imperceptibles.

Comme les femmes sont plus touchées que les hommes et que leurs malaises s’aggravent durant leurs menstruations, certains chercheurs pensent que les changements hormonaux jouent un rôle.

Selon certaines données, jusqu’à 25 % des cas de syndrome de l’intestin irritable surviennent après une infection gastro-intestinale. L’hypothèse d’un déséquilibre de la flore intestinale est aussi explorée.

Par ailleurs, certains chercheurs pensent qu’un taux anormal de sérotonine dans le tube digestif pourrait être la cause du syndrome. Cela pourrait expliquer pourquoi de nombreux patients touchés souffrent d’anxiété et de dépression. Il faut savoir que la sérotonine a un effet important sur l’humeur et sur les mouvements intestinaux.

On a déjà pensé que le stress était une cause de ce trouble, ce n’est pas démontré. Par contre, il en augmente généralement les symptômes (particulièrement la douleur).

 

Symptômes du syndrome de l’intestin irritable

La gravité, le type et le nombre de symptômes varient beaucoup d’une personne à l’autre. Certains individus peuvent ressentir plusieurs des symptômes suivants.

  • Des douleurs et des crampes au ventre, qui disparaissent souvent avec l’évacuation de gaz ou de selles.
  • De la constipation ou de la diarrhée, parfois en alternance.
  • Des ballonnements et des flatulences.
  • Une « activité intestinale » bruyante (borborygmes).
  • Un besoin parfois urgent d’aller à la selle.
  • Une sensation d’évacuation incomplète des selles.
  • Du mucus dans les selles.

Ces symptômes surviennent généralement après les repas.

D’autres symptômes, qui ne sont pas directement reliés aux intestins, sont parfois présents. Par exemple, des maux de tête, des nausées, des brûlures d’estomac, une douleur pelvienne chronique, des maux de dos (bas du dos) et des troubles du sommeil.

 

Personnes à risques

Les femmes seraient de 2 à 3 fois plus nombreuses à souffrir du syndrome de l’intestin irritable que les hommes. On ne sait pas si c’est parce qu’elles sont réellement plus à risque ou parce que les hommes consultent moins à ce sujet.

 

Facteurs de risque

Comme les causes du syndrome de l’intestin irritable sont mal cernées, les facteurs de risques sont impossibles à préciser pour l’instant.

Une étude américaine menée auprès de 399 infirmières a révélé que le risque de souffrir de ce syndrome est plus élevé chez celles ayant des horaires rotatifs (jours et nuits) que chez celles travaillant uniquement de jour ou de nuit. Il ne semblait pas y avoir de lien entre les douleurs abdominales et la qualité du sommeil des participantes. Les chercheurs supposent que la perturbation des cycles éveil-sommeil pourrait être un facteur de risque. Pour l’instant, il s’agit d’une hypothèse.

Traitements

Malgré les recherches, la médecine allopathique ne propose encore rien de convaincant pour traiter le syndrome de l’intestin irritable. De nos jours, il est traité tant sur le plan psychologique que sur le plan physiologique, car il s’agit d’un trouble touchant les interactions entre le cerveau et le système digestif.

Le fait de modifier son alimentation et de parvenir à abaisser son niveau de stress peut réduire les symptômes dans les cas légers ou modérés.

 

Attention à son alimentation

Quelques conseils pour réduire les malaises:

  • Supprimer le gluten, les laitages de vache
  • Réduire les matières grasses, car elles stimulent beaucoup les contractions de l’intestin.
  • Supprimer la consommation des aliments qui peuvent causer des ballonnements et des gaz. Les réactions varient d’un individu à l’autre. Les aliments qui ont le plus tendance à fermenter sont le lait et les produits laitiers (en cas d’intolérance au lactose), ceux qui renferment des édulcorants (par exemple, le sorbitol présent dans les gommes à mâcher sans sucre) ou du mannitol (un sucre-alcool) et ceux qui contiennent du fructose (comme les pommes avec leur peau, les figues et les dattes). Les légumineuses et les crucifères (choux de Bruxelles, brocoli, chou-fleur, etc.) peuvent aussi aggraver les symptômes.
  • Éviter de consommer de l’alcool, du chocolat, du café et des boissons caféinées, car ils stimulent les contractions de l’intestin.
  • Remplacer les épices (poivre, chili, cayenne, etc.) par des fines herbes.
  • Consommer la salade et les légumes crus à la fin des repas.
  • Boire de l’eau régulièrement au cours de la journée.
  • Manger à des heures régulières, bien mastiquer et ne pas sauter de repas.

Réductions du stress

Le stress est un facteur aggravant. Il est donc indispensable de la gérer par diverses techniques.

  • Yoga.
  • Sophrologie.
  • Exercices physiques réguliers.Faire de l’exercice physique régulièrement (30 minutes ou plus par jour) est une bonne manière d’évacuer le stress et de combattre la constipation.

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